La Commission Permanente Agriculture (CPA) de l’Académie Nationale des Sciences, Arts et Lettres du Bénin (ANSALB) a tenu un atelier sur les plantes oléagineuses alimentaires autochtones du Bénin. Organisée à Grand-Popo du 02 au 04 novembre 2025, cette rencontre a permis de mettre en lumière les opportunités qu’offre ces ressources endogènes pour renforcer la sécurité alimentaire et dynamiser la filière nationale des huiles locales. Aussi, les bases d’une réflexion approfondie sur la structuration et la valorisation durable de ce secteur stratégique ont-elles été posées.
Dans un contexte de forte dépendance du Bénin aux importations d’huiles végétales d’Asie, estimées à près de 70 % des besoins nationaux, la question de l’autonomie alimentaire devient cruciale. Cette dépendance rend le pays vulnérable aux fluctuations des marchés internationaux. Pourtant, le territoire béninois regorge d’environ 36 espèces de plantes oléagineuses sauvages (POS), dont le baobab, le karité, l’akpi et plusieurs espèces de Momordica, encore largement sous-exploitées.
Consciente des enjeux économiques, nutritionnels et écologiques liés à ces ressources, la CPA de l’ANSALB a initié cet atelier afin de promouvoir la valorisation des plantes oléagineuses alimentaires autochtones et leur redonner une place de choix dans le Programme National de Développement de la Filière (PNDF). Durant les deux jours de travaux, une cinquantaine de participants : chercheurs, universitaires, producteurs, transformateurs, décideurs politiques, représentants des ministères de l’agriculture ; du cadre de vie ; de l’industrie et partenaires au développement, ont échangé sur le potentiel des espèces locales, les défis à relever et les stratégies à mettre en œuvre. Les discussions ont conduit à la formulation de recommandations clés pour la mise en place d’une feuille de route nationale.
Vers une action concrète pour la filière oléagineuse
Clôturant les travaux, le président de la Commission permanente agriculture, élevage et pêche, foresterie et arboriculture, Moudachirou Mansourou, a salué la qualité des échanges et exprimé sa satisfaction quant à la dynamique collective enclenchée. « Au cours de cet atelier, nous avons partagé des connaissances scientifiques actualisées, mis en lumière des expériences de terrain et identifié des pistes concrètes pour la transformation, la normalisation et la commercialisation des huiles alimentaires locales. Nous avons surtout compris qu’il est possible de mieux nourrir nos populations, créer de la valeur ajoutée locale et réduire nos dépendances aux importations en misant sur nos ressources endogènes », a-t-il indiqué, soulignant ensuite la volonté affirmée des participants d’œuvrer à la création d’un cadre de concertation permanent entre chercheurs, transformateurs et décideurs publics.
Entre autres recommandations phares issues des travaux, il y a la nécessité de développer des unités de transformation semi-industrielles et industrielles adaptées aux réalités locales afin d’accroître la valeur ajoutée des productions nationales, un plaidoyer pour la création d’un label national de qualité destiné à certifier et promouvoir les huiles alimentaires autochtones sur le marché. Le renforcement de l’accès au financement et à la formation pour les producteurs et transformateurs a été également identifié comme un levier essentiel pour professionnaliser la filière. Enfin, les acteurs ont appelé à une mobilisation conjointe des ressources publiques et privées pour soutenir la recherche, l’innovation et la compétitivité durable du secteur oléagineux béninois.
« Cet atelier n’est pas une fin, mais un point de départ », a déclaré Moudachirou Mansourou, avant d’ajouter que les recommandations serviront de base à une feuille de route nationale pour la valorisation durable des plantes oléagineuses autochtones du Bénin. Dans un ton empreint d’optimisme, il a appelé à « passer de la parole à l’action, avec vigueur, coopération et vision », réaffirmant l’engagement de l’ANSALB à mettre la science et l’innovation au service du développement national. Les échanges de Grand Popo promettent d’être le début d’une renaissance agro-industrielle béninoise fondée sur les richesses naturelles locales et l’intelligence collective.
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