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Le CIFOR-ICRAF renforce les capacités du comité de gestion du CRRC pour une gouvernance agricole durable

La mairie de Djidja a accueilli, le mercredi 3 juin 2026, la deuxième journée consécutive des activités du CIFOR-ICRAF dans la commune. Au cœur du programme, une formation destinée aux membres du comité de gestion du Centre Rural de Ressources Communautaires, mis en place la veille par le Centre International de Recherche en Agroforesterie, ICRAF.

Vie associative, gestion administrative, prévention et résolution des conflits, ce sont autant de piliers sur lesquels l’organisation entend ancrer la nouvelle structure pour en garantir la pérennité. Pour Aldrich Vianou, agronome- forestier et formateur, afin d’avoir une association efficace, il faudrait faire face à différents défis. Il s’agit des conflits internes liant aux intérêts personnels, les guerres de leadership, le manque de motivation, de transparence et surtout les conflits liés aux finances. Comme le dit l’adage, “tout problème a au moins une solution”, des solutions concrètes ont été apportées pour la bonne gestion du comité. Ainsi, la formation n’a laissé aucune zone d’ombre sur le fonctionnement interne du comité. Chaque poste a été passé au peigne fin. Sur la question de la trésorerie, le principe retenu est celui de la double clé : la caisse reste chez le trésorier, mais son ouverture requiert le concours de deux détenteurs issus de villages différents. Une disposition qui engage collectivement les communautés membres. « S’il arrive que l’argent manque dans la caisse, sachez que ce sont les trois villages qui sont fortement concernés pour couvrir les frais », a-t-il été rappelé aux participants.

La hiérarchie interne a également fait l’objet d’un cadrage net. Entre la base et le sommet du comité, le Coordonnateur constitue le passage obligé. Les quatre groupements constitués, comme les membres des sous-comités, ne peuvent court-circuiter cette chaîne en contactant directement le président. Une règle posée pour préserver l’ordre et l’efficacité de la structure.

Un accueil enthousiaste des membres fraîchement désignés

Nommés depuis peu, les membres du comité ont abordé cette journée de formation avec un intérêt manifeste. Hyacinthe Fanlian, secrétaire exécutif du comité traduit cet enthousiasme. « Ce que nous avons appris aujourd’hui paraît encore plus intéressant que ce que nous avons vu hier ». Au-delà du contenu, c’est la continuité de l’appui qui retient son attention. « Ce projet a commencé à nous aider il y a un bon moment. Cela ne date ni d’aujourd’hui ni d’hier. Dans les appuis qu’il nous apporte, il nous soutient beaucoup, surtout nous les agriculteurs. Nous allons garder et entretenir le CRRC. J’ai confiance en Djidja. », confie-t-il.

Des producteurs formés pour mieux transmettre

Gouverner un comité agricole ne dispense pas de rester un bon producteur. C’est le message que le CIFOR-ICRAF a tenu à faire passer lors du second volet de la journée, consacré aux bonnes pratiques agricoles. Dans la continuité de la session de la veille sur l’Agriculture Intelligente face au Climat, les membres ont reçu des rappels techniques destinés à renforcer leurs propres exploitations et leur crédibilité auprès des communautés qu’ils représentent. Des techniques de semis, levé dormants, prétraitement, repiquage, entretien, préparation du site pépinière, ont été présentées par Urbain Akouègnihodé, Formateur à ICRAF sur les techniques de production des essences forestières et maraîchères. Nicolas Agbahoundo, le président élu pour la gestion du site installé dans le village Agonhonou de la commune de Djidja a traduit la portée de ces enseignements. « C’est une connaissance inépuisable que CIFOR-ICRAF nous a donnée aujourd’hui.  Ce que j’appelle un “un repas éternel’’. »

Une gratitude ancrée dans la durée

À la clôture de la journée, les échanges ont pris une tournure plus personnelle. Plusieurs membres ont tenu à exprimer leur reconnaissance envers le CIFOR-ICRAF, dont l’accompagnement, pour certains, remonte à bien longtemps. « Il a commencé à m’enseigner l’agriculture depuis Bohicon et continue de me l’apprendre jusqu’à ce que je vienne ici aujourd’hui », témoigne Dénise Kpodohougo, résumant en une phrase un compagnonnage qui s’étends sur plusieurs années et plusieurs lieux.

L’élevage, prochaine frontière

La satisfaction exprimée n’a pas clos les attentes. Au contraire. L’élargissement de l’accompagnement du CIFOR-ICRAF au-delà des cultures vivrières, en direction de l’élevage, secteur complémentaire incontournable dans l’économie rurale de Djidja, a été une doléance de Nicolas Agbahoundo.

En quarante-huit heures, l’Institution aura transmis à la commune bien plus qu’un comité : une méthode, une vision et des hommes formés pour les porter.

Ablam AKODJEVO

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