Les 12 et 13 juin 2026, la Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin a organisé à Comè et à Kpomassè une session de renforcement de capacités sur le canevas de soumission de projets du Fonds National de Développement Agricole (FNDA). Agriculteurs, entrepreneurs et leaders d’organisations professionnelles agricoles (OPA) ont suivi cette formation centrée sur les conditions d’éligibilité et les procédures de dépôt de dossiers auprès du Fonds.
Au cœur des échanges, deux guichets de financement ont été décortiqués. Le guichet 1 est dédié à la subvention des investissements agricoles, équipements, infrastructures, matériels de production. Le guichet 2, lui, couvre les services non financiers : accompagnement technique, renforcement organisationnel, appui-conseil. Les formateurs ont insisté sur les pièces indispensables à réunir pour qu’un dossier soit déclaré éligible, ainsi que sur les filières agricoles ciblées par le Fonds. Mais surtout les critères d’éligibilité à savoir : la pertinence du projet par rapport aux filières prioritaires, la viabilité technique et financière, l’impact économique et social, la création d’emplois, la durabilité environnementale, la capacité du promoteur à mettre en œuvre le projet. Selon le secrétaire exécutif de la Chambre dans l’Atlantique, « il ne faut pas attendre que le FNDA lance les appels à projets avant de commencer à monter les dossiers ». Cette recommandation a résonné différemment selon les profils. Pour Brango Tossou, exploitant agricole, présent à la formation, elle ouvre une porte qu’il croyait fermée. « Je n’ai jamais obtenu de subvention, je me bats moi-même. Mais avec ces informations, je peux planifier un projet d’accompagnement du FNDA. La manière dont je souffrais pour le transport des marchandises au marché, et même pour les matières organiques qu’on va chercher très loin, avec ce financement, je peux m’en sortir de façon aisée », confie-t-il.

La même dynamique anime les leaders d’OPA. Conscients des enjeux collectifs, ils voient dans cette formation un levier pour structurer leurs démarches et peser davantage dans les appels à projets. « Avec notre vision, nous pouvons postuler à l’appel du FNDA, avoir plus de garantie de saisir l’opportunité, élargir nos activités et créer plus de richesses dans nos milieux », affirme Boniface Vidékon, promoteur de New Light Center, pour qui la session est avant tout une source de motivation.
Parmi les participants, une agricultrice de Kpomassè a particulièrement retenu l’attention. Elle a lancé une initiative rare dans sa localité : la culture du cacao dans le département de l’Atlantique, une zone peu connue pour ces spéculations. Si l’audace est là, les moyens manquent encore. Elle appelle l’État à l’accompagner pour aller plus loin. « On entend surtout parler du café-cacao en Côte d’Ivoire. Mais depuis l’année dernière, on fait cette culture ici à Kpomassè et on aura les premiers fruits dans un an maximum. J’invite le gouvernement à nous soutenir », lance Mireille Alohonou.
Son cas illustre précisément ce que le FNDA ambitionne de soutenir : des initiatives locales porteuses, qui n’attendent que les bons outils pour se déployer. Désormais informés sur les mécanismes du Fonds, les acteurs agricoles de Comè et de Kpomassè n’ont plus d’excuses pour rater le prochain avis à projets, et surtout, plus de raisons de s’y préparer seuls.
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