L’Université d’Abomey-Calavi accueille du 08 au 09 août 2025 la première édition du Congrès National des Étudiants Agronomes du Bénin (CNEAB). Porté par la section Bénin de l’Association internationale des étudiants en agronomie et sciences connexes (IAAS-Bénin), ce rendez-vous portera sur le thème « Bâtir ensemble une agriculture béninoise durable : les défis de la relève estudiantine ». Dans cet entretien, Consolat Désiré Tchedji Hountin Kiki, vice-président projets et relations extérieures de l’IAAS-Bénin et doctorant en socio-économie agricole, revient sur les motivations, les enjeux et les ambitions d’un événement qui entend marquer une rupture dans la manière dont les étudiants conçoivent et participent à la transformation de l’agriculture béninoise.
Pourquoi le CNEAB 2025 est-il organisé maintenant, et quels enjeux spécifiques vise-t-il à adresser dans le contexte agricole béninois ?
Consolat Hountin Kiki : Le CNEAB 2025 intervient dans un contexte de mutations profondes du secteur agricole béninois : besoin d’innovations pour l’employabilité des jeunes, insécurité alimentaire persistante, vulnérabilité climatique accrue, mais aussi montée en puissance de nouvelles technologies, de la finance verte et de l’agroécologie. Il devient donc urgent de fédérer les intelligences agronomes en formation autour d’un espace de réflexion, de prospective et de co-construction.
Ce congrès répond à une double nécessité : outiller les étudiants pour mieux comprendre les enjeux actuels de notre agriculture, et créer une dynamique nationale de mobilisation de la jeunesse autour des défis alimentaires, climatiques et sociaux.
Quelles sont les attentes des organisateurs (IAAS-Bénin) en termes de participation et d’impact pour cette première édition ?
L’IAAS-Bénin espère réunir plusieurs centaines d’étudiants en présentiel, venus de toutes les universités publiques et privées du pays, mais aussi des jeunes professionnels, des enseignants, des experts et des acteurs du monde agricole. Environ 300 autres seront également en ligne de par le monde entier à travers le canal Zoom ouvert à cet effet.

Au-delà du nombre, l’ambition est claire : marquer un tournant. Le CNEAB 2025 veut déclencher un éveil collectif, provoquer des déclics et catalyser des vocations. Il s’agit de créer un précédent, un espace où la parole des étudiants devient force de proposition, et où leurs idées peuvent se transformer en projets structurants pour le pays.
En quoi ce congrès se distingue-t-il des autres initiatives étudiantes ou agricoles déjà existantes au Bénin ?
Le CNEAB n’est pas un séminaire de plus, ni un forum passager. Il s’inscrit dans une logique de rupture. D’abord, par son ancrage intégralement national : il fédère les jeunes agronomes de toutes les régions et de toutes les institutions. Ensuite, par sa méthodologie participative : chaque atelier, chaque panel, chaque activité est pensée pour impliquer activement les participants. Enfin, par son ambition de suite : ce congrès est le point de départ d’un cycle d’événements, de formations, de publications et d’initiatives que les étudiants eux-mêmes piloteront. Le mot-clé ici, c’est : empowerment.
Quels sont les temps forts du programme du CNEAB 2025 ?
Le programme du CNEAB 2025 est un savant mélange entre réflexion de haut niveau et immersion pratique. Il comprend : des panels animés par des experts reconnus tels que le recteur honoraire Pr Brice Sinsin, le Professeur Flora Chadare ASSOGBADJO, Habib PADONOU de la Coris International Banque Bénin, etc. Il est également prévu des ateliers de co-création sur des thématiques pointues ; une visite du jardin botanique de l’UAC et surtout, des moments de dialogue intergénérationnel, où étudiants et professionnels pourront confronter leurs interrogations et visions.
Propos recueillis par Auriol HOUDEGBE
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