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Production animale : le Tchad se tourne vers l’Égypte

Le Tchad se rapproche de l’Égypte afin de bénéficier de son expertise en production animale. Ce rapprochement s’est matérialisé par une rencontre entre le ministre tchadien de l’Élevage, Abderahim Awat Atteib et son homologue égyptien de l’Agriculture, Alaa Farouk. C’était le 16 novembre 2025 au Caire.

Avec un cheptel estimé à plus de 129 millions de têtes, le Tchad figure parmi les pays disposant des ressources animales les plus importantes du continent africain. Fort de ce potentiel, les autorités tchadiennes souhaitent moderniser l’élevage afin d’augmenter significativement la production de viande, de lait et de produits dérivés. Cette ambition intervient dans un contexte où N’Djamena a lancé officiellement, le 10 novembre, son nouveau Plan national de développement baptisé « Tchad Connexion 2030 ». À travers ce programme de développement quinquennal, le pays entend concrètement porter sa production laitière à 1 million de tonnes, contre environ 477 111 tonnes en 2023.

Dans cette dynamique, le gouvernement tchadien cherche à s’appuyer sur l’expérience égyptienne pour accélérer la transformation de sa filière animale. La rencontre entre les ministres Abderahim Awat Atteib et Alaa Farouk a permis d’explorer de nouvelles pistes de collaboration susceptibles de soutenir cette ambition. Des informations rapportées par le média Daily News Egypt, les discussions ont porté sur des opportunités d’élargissement de la coopération dans la production animale. L’une des priorités identifiées concerne la valorisation de l’expertise égyptienne en amélioration génétique et en optimisation de l’alimentation, deux leviers jugés essentiels pour améliorer le rendement des élevages tchadiens, tant en viande qu’en lait. Les deux parties ont également évoqué la possibilité d’implanter au Tchad un laboratoire égyptien spécialisé dans la production de vaccins et sérums vétérinaires. Une infrastructure de ce type permettrait de répondre plus efficacement aux besoins sanitaires locaux et régionaux. Elle s’accompagnerait d’un transfert de compétences, notamment par la formation de techniciens et de spécialistes tchadiens au sein du Centre international égyptien pour l’agriculture.

Le choix de coopérer plus étroitement avec l’Égypte n’est pas anodin. Le pays des pharaons est aujourd’hui reconnu comme une référence africaine en matière de production animale. D’après les données de la FAO, l’Égypte se classe deuxième producteur de viande sur le continent, avec 3,1 millions de tonnes de carcasses en 2024, juste après l’Afrique du Sud. L’Égypte occupe également la deuxième place en matière de production laitière, derrière le Kenya, avec un volume avoisinant 5,6 millions de tonnes.

Morel GOUKOUE

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