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Tabaski 2025 au Bénin : Un dispositif sanitaire renforcé pour des moutons sains

À l’occasion de la Tabaski 2025, les autorités béninoises ont mis en place un important dispositif de contrôle sanitaire afin d’assurer la qualité du cheptel proposé à la vente. Grâce à l’implication des agents de la Direction de l’Élevage, des vétérinaires, des communes et des forces de l’ordre, la fête s’est déroulée dans de bonnes conditions sanitaires. Retour sur les efforts déployés.

Avec la mise en œuvre d’un dispositif rigoureux de la Direction de l’Élevage, la Tabaski 2025 s’est globalement déroulée dans de bonnes conditions sanitaires. Les efforts conjoints avec les partenaires ont permis d’assurer une meilleure qualité du cheptel proposé aux fidèles.

À l’approche de certaines fêtes comme la Tabaski, des milliers de moutons affluent sur les marchés à bétail du pays, qu’il s’agisse de races locales ou d’espèces sahéliennes en provenance notamment du Burkina Faso, du Niger, du Sénégal ou du Mali. Comme chaque année, la Direction de l’Élevage a mis en place une série de mesures pour garantir le bon état des animaux destinés à la vente, assurant ainsi la sécurité des consommateurs. Cela inclut, entre autres, le renforcement du contrôle sanitaire sur l’ensemble du territoire.

En 2025, ce dispositif s’est intensifié avec le recrutement de 223 Agents Contractuels de Droit Public de l’État (ACDPE), affectés aux postes frontaliers et aux marchés à bétail. Ces agents ont été stratégiquement positionnés pour vérifier l’état sanitaire des animaux, contrôler les documents d’importation et s’assurer que seuls des animaux sains étaient autorisés à la vente.

L’éveil à la vigilance pour des achats éclairés

Parallèlement à ces contrôles, des campagnes de sensibilisation ont été menées dans les marchés à bétail, comme l’a souligné Dr Karamatou Wabi Agbé, Cheffe du Service Contrôle des Denrées Animales et Aliments pour Animaux à la Direction de l’Élevage. Ces campagnes ont permis d’informer les éleveurs, commerçants et acheteurs sur les critères permettant de juger de la bonne santé d’un mouton.

Un animal en bonne santé se reconnaît notamment à une peau saine, un pelage brillant, une absence de boiterie, un mufle propre et humide sans écoulement nasal, ainsi qu’un orifice anal propre, sans traces de diarrhée. Ces éléments ont été largement relayés par les agents vétérinaires pour guider les acheteurs dans leurs choix.

Durant cette période, les autorités vétérinaires ont porté une attention particulière à plusieurs maladies animales susceptibles de se propager à grande échelle. Parmi celles-ci figurent la fièvre aphteuse, la peste des petits ruminants, l’influenza aviaire hautement pathogène, la rage, la bronchite infectieuse, la maladie de Gumboro, la maladie de Newcastle, la péripneumonie contagieuse bovine, la pasteurellose et le charbon bactéridien. Aucune épidémie majeure n’a été signalée pendant cette période, ce qui témoigne de l’efficacité du dispositif mis en place.

Une coopération multisectorielle pour un suivi efficace

L’ensemble de cette stratégie repose sur une collaboration étroite entre les différents acteurs de la chaîne. Les communes interviennent à travers les Directions Départementales de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (DDAEP), les vétérinaires privés participent via le système de mandat sanitaire, les commerçants sont impliqués dans le respect des contrôles, et les forces de l’ordre appuient les opérations de surveillance et parfois, de répression en cas de fraude sanitaire. Cette approche concertée a permis une couverture efficace de tout le territoire national.

Des moutons à Zongo

Après la Tabaski, les actions se poursuivent

La Direction de l’Élevage rappelle toutefois que la vigilance ne s’arrête pas avec la fin de la Tabaski. Les éleveurs sont encouragés à continuer de bien nourrir les animaux invendus, à maintenir les conditions d’hygiène dans les enclos et à respecter les mesures de prophylaxie établies. Ces précautions sont essentielles pour éviter l’apparition de foyers de maladie dans les jours suivant la fête, en particulier dans les zones urbaines à forte densité humaine et animale.

Enfin, les autorités s’intéressent de près à la qualité génétique des moutons proposés à la vente. Les races Djallonké et Ara Ara, très appréciées sur le marché béninois pour la richesse de leur carcasse, sont de plus en plus sollicitées. Pour répondre à cette demande, des actions sont menées au niveau national pour améliorer les caractéristiques zoogénétiques des races locales. Le recours à des croisements contrôlés est encouragé afin de renforcer les performances des troupeaux et accroître leur présence sur le marché.

Pour les autorités, l’enjeu est désormais de maintenir cette dynamique tout au long de l’année afin de préserver la santé animale et garantir la sécurité alimentaire de la population. Dr Karamatou Wabi Agbé rappelle également que la pratique de l’élevage en milieu urbain n’est pas recommandée.

Auriol HOUDEGBE

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