La noix de cajou sera vendue à 425 FCFA par kilogramme au Togo pour la campagne de commercialisation 2025. Cette décision s’accompagne de mesures visant à renforcer la filière, notamment des sanctions contre les fraudes et des initiatives pour stimuler la transformation locale.
Ce prix, fixé par l’Interprofession de la filière anacarde du Togo, marque une avancée de 100 FCFA par rapport à 2024, où la noix de cajou se vendait à 325 FCFA. « Il s’agit du prix plancher bord champ, le prix en dessous duquel on ne doit pas payer la noix aux producteurs, bref c’est pour mettre le producteur à l’abri des aléas et mettre le producteur de telle manière que son seuil de rentabilité soit respecté », a précisé le président du Conseil Interprofessionnel de la Filière Anacarde du Togo (CIFAT), Mawuko Komlan Gozan.
Vers une professionnalisation de la filière anacarde
La cérémonie de lancement de cette 9ème campagne a eu lieu le 13 mars 2025 à Kara sous le thème « Renforcement des capacités productives et commerciales de la filière anacarde : enjeux et défis ». Selon le ministre délégué du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation locale, Professeur Kossivi Hounake, la thématique « implique l’impérieuse nécessité des structurer d’avantage et durablement cette filière, afin de la proférer une plus grande résilience face aux fluctuations du marché et aux défis régionaux et mondiaux ».
Pour garantir une bonne campagne, les acteurs de la filière ont convenu de plusieurs accords en 07 points, dont la fixation d’une production minimale de 20 tonnes avant que les producteurs ne puissent obtenir le quitus pour le transport des noix vers Lomé. Des sanctions sont également prévues en cas de fraudes dans la commercialisation des noix de cajou.
« Dans la sous-région et même dans le monde, nous avons tous un marché commun : celui de l’Inde et du Vietnam. Si nos producteurs ne renforcent pas leurs capacités, leurs produits seront déclassés, car tout le monde se tourne désormais vers la qualité et l’excellence. Aujourd’hui, nous devons aller vers la professionnalisation de nos activités, la contractualisation », a déclaré Mawuko Komlan Gozan.
Le Togo a ainsi aligné son prix sur celui de la Côte d’Ivoire, dépassant largement celui de la Guinée-Bissau (410 FCFA), du Mali (390 FCFA), du Burkina Faso (385 FCFA) et du Bénin (375 FCFA). Pour rappel, la campagne 2025 du Togo a été lancée le 13 mars, le jour suivant la Journée nationale de l’Anacarde du Togo (JNAT), toujours à Kara.
Promouvoir la transformation locale pour renforcer la filière anacarde
L’année 2025 a marqué la deuxième édition de la Journée nationale de l’Anacarde du Togo (JNAT). Cette journée visait à promouvoir les produits à base de noix de cajou, encourager la consommation locale et déconstruire les idées reçues. La noix de cajou, troisième produit d’exportation agricole du Togo, a vu sa production passer de 22 937 tonnes en 2019 à 38 880 tonnes en 2023. Le secteur bénéficie du soutien gouvernemental, avec des investissements tels que les 1,5 milliard de FCFA mobilisés en 2020 pour renforcer la filière et l’introduction de nouveaux plants pour améliorer la production.
Cependant, malgré sa position de premier producteur mondial de noix de cajou brute, l’Afrique transforme moins de 10 % de sa production, et le Togo n’en transforme que 10 %. La JNAT a ainsi encouragé une plus grande transformation locale pour rendre disponibles les produits dérivés, créer des emplois et générer des devises, tout en réduisant la concurrence des produits importés.
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