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Faux médicaments vétérinaires : la Douane et la Police formées pour mieux lutter

Face à la prolifération des faux médicaments vétérinaires au Bénin, la Direction de l’Élevage a organisé un atelier de renforcement des capacités au profit de la Douane et de la Police Républicaine. L’objectif : mieux les armer pour détecter, intercepter et réprimer la circulation de ces produits aux lourdes conséquences sanitaires et économiques. Cet atelier s’est tenu du 22 au 24 juillet 2025, un atelier à la Direction de la Santé du Zou à Abomey.

Le décret n°2014-352 du 2 juin 2014 portant régime des médicaments vétérinaires en République du Bénin définit ces médicaments comme « toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés préventives ou curatives à l’égard des maladies animales, ainsi que tout produit pouvant être administré à l’animal en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, modifier ses fonctions organiques ». Ce même décret définit les modalités d’autorisation de mise sur le marché et d’importation de ces produits.

Face aux maladies ou à toute autre situation, administrer le bon médicament s’avère crucial. Pourtant, « notre pays est confronté à la prolifération et à la manipulation inquiétante des faux médicaments vétérinaires, un fléau aux conséquences sanitaires, économiques, sécuritaires et sociales graves », a fait constater, lors de l’ouverture de l’atelier, Dr Boubacar Mamadou Djaouga, Conseiller Technique du Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche.

Les faux médicaments causent de nombreux problèmes, comme l’échec des traitements et l’inefficacité des médicaments préventifs (prophylactiques). Ils sont aussi responsables « de la transmission aux humains de germes zoonotiques et d’agents porteurs de résistance, aggravant ainsi les menaces sur la santé animale et la santé publique », alerte le Conseiller Technique. Dans ce contexte, le Bénin a fait de la lutte contre ces produits médicaux illégaux une priorité.

Outre les vétérinaires inspecteurs et les pharmaciens inspecteurs assermentés qui ont la qualité d’officiers de police judiciaire pour la recherche et la constatation des infractions, les services de la douane et de la police sont également en première ligne dans cette lutte. En effet, ce sont eux qui assurent le contrôle aux frontières et sur les voies de circulation, et qui jouent un rôle crucial dans la lutte contre la fraude. L’atelier de deux jours tenu à Abomey a permis de renforcer les capacités de ces forces de défense et de sécurité, en leur fournissant les outils adéquats et en définissant des stratégies communes pour mieux détecter, signaler et intercepter les médicaments illicites, ainsi que d’appréhender les auteurs de ces actes illégaux.

Pour ce faire, quatre communications ont été présentées, avec des échanges et des travaux de groupe. Les participants ont passé en revue les impacts sanitaires, économiques et sécuritaires des faux médicaments vétérinaires ; le cadre réglementaire des médicaments vétérinaires au Bénin ; ainsi que le rôle des acteurs, à travers des partages d’expériences. Le programme a également inclus une simulation de répression menée dans un marché, illustrant les méthodes d’intervention sur le terrain.

« Administrer des médicaments de bonne qualité à l’animal, c’est aussi préserver la santé de l’homme. Alors, il faut combattre le mal à la racine », a souligné Dr Yao Akpo, Directeur de l’Élevage. Pour rappel, dans cette lutte contre les faux médicaments, la Direction de l’Élevage bénéficie du soutien de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).

Auriol HOUDEGBE

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